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Transsibérien – Voyage de Moscou à Irkutsk

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Category: Asie
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Transsibérien – De Moscou à Irkutsk

Vidéo de mon voyage en Transsibérien

Le transsibérien pus des pieds. Et le poisson aussi. Imaginez l’odeur de 54 personnes qui vivent dans quelques mètres carrés, surchauffés, à bord d’un train sans douche, pendant des jours.

19 mars 2016, gare de Moscou

Ma première rencontre avec ma provodnitsa, froide comme une porte de prison. J’ai escaladé les barres qui mènent à ma couchette, en me cognant de tous les côtés et j’ai tenté, tant bien que mal, de me présenter à mes voisins. J’ai tout de suite remarqué la radio qui diffuse en permanence les pires tubes commerciaux, russes et ricains, stratégiquement placée à côté de ma tête. J’ai essayé de relativiser, en me disant qu’au moins j’aurais vue sur des paysages magnifiques. Ça, c’était avant de remarquer que l’on aperçoit rien à travers la vitre noire de crasse du train. Mais qu’est-ce que je fous là…
Le train démarre et on ne peut pas dire que j’étais vraiment rassurée…

J’ai ouvert mon Lonely planet, première page, pour relire la description du Transsibérien. « La Taïga à perte de vue, des steppes arides ou saupoudrées de neige, des montagnes, le désert de Gobi, et la grande muraille de chine. Les allées et venues du Transsibérien à travers l’Asie marient paysages splendides et expériences inoubliables. » Tu parles ! Je me suis dit que c’était un peu comme pour la maternité : on ne nous dit pas tout, pour que certaines continuent à y aller.

C’est là que je me suis rappelée de la surprise des Moscovites quand je leur ai dit que je prenais le transsibérien par plaisir, et de leurs nombreuses tentatives de me faire changer d’avis. Et puis, des mots de mon père, : « T’es dingue, même si on me payait je n’irais pas ».

Durant quatre jours, j’ai partagé le quotidien de 53 personnes avec qui j’étais totalement incapable de communiquer. J’ai mimé tellement de choses que je suis sure de ne plus jamais perdre une partie de time up. J’étais la seule européenne du wagon, une européenne tatouée et qui voyage seule. Je suis très vite devenue la curiosité du train. J’avoue que la curiosité était partagée. De mon côté, j’ai vu les visages changer au fil des kilomètres. Je nous ai vu passer des babouchka, aux bébés à grosses têtes rondes, des yeux bleus aux yeux plissés, dans un métissage toujours très beau. Je me suis rendu compte de la chance que j’avais de faire mes premiers pas en Asie, à bord du train le plus mythique du monde.

Je me suis fait d’innombrables bleus et j’ai appris quelques mots en Russe. « Priviet ! Minia zavout Sarah, a tibia ? Oh ! Oxana ! Otchin Priatna ! » Kochka aussi, j’aime bien ce mot. J’ai appris que niet ne voulait pas toujours dire non, qu’ici, sourire sans raison fait de nous quelqu’un d’idiot et qu’il ne fallait jamais refuser l’hospitalité russe. Après trois jours, j’ai réussi à faire rire une Babouchka.

J’ai mangé du poisson fumé, des kilos de nouilles instantanées et des paquets de graines de tournesols. Je conseille les graines, ça prend des plombes à ouvrir : ça passe le temps.

D’ailleurs, le temps… J’en ai complètement perdu sa notion et il a filé à toute vitesse. J’ai compris que c’était le voyage comptait bien plus que la destination. C’était pas gagné, mais j’ai appris à rire en russe.

23 mars 2016, gare d’Irkoutsk

C’est les larmes aux yeux que j’ai quitté ma drôle de maison roulante et ses habitants. 

Je crois que je suis dingue, j’ai aimé ça.

 

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